Tassin-la-Demi-Lune• Orientations budgétaires 2018 : augmenter la dette mais limiter les dépenses, un pari osé ?

Lors du conseil municipal de Tassin-la-Demi-Lune, mercredi 20 décembre, les élus et conseillers se sont prononcés sur le Débat d’orientations budgétaires (DOB) pour l’année 2018. La volonté d’augmenter le taux d’endettement de la commune a fait grincer des dents l’opposition.

Hôtel de ville de Tassin-la-Demi-Lune • Crédit photo : thiate.fr

 

Le conseil municipal a échangé sur les orientations budgétaires 2018, obligatoires pour les communes de plus de 3 500 habitants. L’objectif de Tassin-la-Demi-Lune est de soutenir l’investissement tout en maîtrisant les dépenses. Pour permettre aux projets de la ville de voir le jour - construction d’un Pôle petite enfance à Alaï (3,7 M€), construction d’une école sur l’avenue Victor-Hugo (2,4 M€), construction et rénovation des écoles Prévert et Leclerc (2,9 M€), construction d’un gymnase au Bourg (4 M€) et travaux d’aménagement de la Maison des familles (1,4 M€) - l’investissement est nécessaire et la dette augmentera de 7 millions d’euros. Fin 2017, cette dernière s’établit à 13,3 millions d’euros. Fin 2020, elle atteindra les 19 millions d’euros portant le délai de remboursement à 8,8 ans. Pour le maire, Pascal Charmot, “ces investissements sont nécessaires pour réaliser les équipements publics dont les tassilunois ont besoin”.

S’endetter pour investir tout en limitant les dépenses. C’est ce que les élus ont tenté d’expliquer. “Quand les dépenses de fonctionnement sont contenues cela permet de limiter sa dette”, a souligné Pierre Bergeret, adjoint délégué aux finances et au budget. La commune souhaite mettre en place un programme de réduction des dépenses publiques. Pour cela, de nombreux contrats ont été renégociés à l’avantage de Tassin : le groupement de commande d’énergie avec le Sigerly, les charges financières, les primes d’assurances, la délégation de service public sur la restauration scolaire, les prestations du transport. La ville a également baissé les subventions accordées au Centre communal d’action sociale (CCAS), à l’espace culturel de L’Atrium ainsi qu’au centre de loisirs. Au total, cela représente 250 000 euros d’économies sur les dépenses de fonctionnement. En revanche, les charges de personnel devraient, quant à elles, augmenter en 2018 et passer de 6,9 millions d’euros à 7,1 millions d’euros. Cette hausse est due en partie à la prise en compte d’effectifs supplémentaires. Au total, 248 agents municipaux travaillent pour la commune.

Une dette augmentée de 7 millions d'euros

Pour l’opposition, cette annonce n’est pas la bienvenue. “Comment va-t-on pouvoir autoriser l’augmentation de notre endettement tout en limitant les dépenses ?” s’est interrogé Jean-Baptiste Rio, de la liste “Pour Tassin évidemment”. Pour ce dernier, il n’est pas prudent d’augmenter significativement la dette dans les conditions actuelles. Rappelons que les dotations globales de fonctionnement pour les communes diminuent chaque année et que la réforme sur la taxe d’habitation est en cours.

Jean-Baptiste Rio a évoqué la contradiction qu’il y a à réaliser des équipements publics tout en souhaitant limiter les dépenses de fonctionnement. “L’augmentation des équipements publics impliquera d’augmenter la masse salariale pour entretenir ces espaces et les dépenses de fonctionnement seront donc plus importantes. Vous avez précisé dans le PLU vouloir limiter la densification, alors pourquoi prévoir onze classes sur le terrain des maraîchers ?”. Julien Ranc, de la liste “Mieux vivre à Tassin-la-Demi-Lune”, partage cette position et a également ajouté que l’amende SRU était aussi à prendre en compte. “Tassin n’a absolument pas respecté son objectif qui était de créer 60 logements sociaux car seulement 39 ont été construits. La ville est donc carencée et l’amende a augmenté. 705 000 euros d’amende, soit 5% du budget de fonctionnement, c’est bien différent des 340 000  euros que l’on avait précédemment”, a-t-il fait remarquer.

“C’est surveillé et maîtrisé”

Pierre Bergeret a reconnu que la réforme sur la taxe d’habitation représentait “un risque assez sérieux” car “on dit de plus en plus que la totalité des ménages en seront dispensés”. Il a néanmoins stipulé que les dépenses SRU étaient bien prises en compte dans le budget 2018 avant de préciser que “la force d’investissement serait évidemment importante mais tenable pour une ville comme Tassin et que le ratio atteindrait la partie haute mais serait finançable par la commune”.

L'Horloge de Tassin-la-Demi-Lune • Crédit photo : thiate.fr

 

Pascal Charmot a tenté de rassurer. “Notre volonté de contenir la densification a été entendue par la Préfecture. Ceci a, en effet, eu un impact sur la construction de logements sociaux mais c’est assumé”. Le maire a aussi informé que le fonds de péréquation devenait stable après s’être accru pendant plusieurs années, que plusieurs cessions foncières étaient prévues - comme celle du terrain du CCAS -  et que les subventions arriveraient avec un décalage de deux à trois ans mais que quand elles seraient versées, elles permettraient de passer le cap. “Si d’ici 2019-2020, l’endettement est en hausse, c’est parce que nous serons en pleine période de réalisation des projets. C’est le cycle normal. La montée en charges sera importante pendant cette période mais elle redescendra ensuite. C’est surveillé et maîtrisé”. Quant à l’école prévue sur le terrain des Maraîchers, le maire a souligné que les classes ouvriraient au fur et à mesure comme pour l’école de l’avenue Victor Hugo.

Malgré les remarques de l’opposition, les budgets primitifs 2018 ont été adoptés à l’unanimité. “Ça permettra de commencer l’année”, s’est réjoui Pascal Charmot. Le budget définitif sera voté lors du prochain conseil, en janvier.

• Céline Giraud

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