Trampoline • Le CISAG sur le toit du monde

Mi-novembre, cinq athlètes du club intercommunal des sports acrobatiques et gymniques (CISAG) d’Oullins, ont participé aux championnats du monde de trampoline, à Sofia, en Bulgarie. Un bilan très positif puisque le CISAG revient avec une médaille d’or et une médaille de bronze. Un mois après ces championnats, portrait de ce club prometteur et de ses athlètes, dans une discipline peu connue du grand public.

Les athlètes du CISAG aux championnats du monde de Trampoline à Sofia, en Bulgarie, du 16 au 19 novembre 2017 • Crédit Photo : CISAG

 

Fondé en 1999, au moment où la discipline rejoignait la section française de gymnastique et devenait sport olympique, le CISAG compte désormais 550 adhérents dont 120 pour la section trampoline. Le pari a été immédiatement gagnant, comme le confie l’entraîneur et fils de la fondatrice, Florent Dubost : “le trampoline est un sport très ludique qui plaît beaucoup, le club a tout de suite bien marché. La gymnastique, c’est contraignant au niveau du matériel car il faut une salle avec des équipements, alors que le trampoline demande moins d’investissements pour la compétition. Le club s’est développé rapidement et a atteint le niveau national dès 2006”. En 2010, celui-ci accède au niveau international avec une première participation aux championnats du monde des moins de 21 ans. Une section compétition haut niveau se forme, composée d’une cinquantaine d’athlètes.

Une discipline ludique et exigeante

Brendan Renault fait partie des athlètes qui ont été séduits par le trampoline. À l’âge de six ans, il rejoint le club du CISAG pour pratiquer la gymnastique et le trampoline. Trois ans après, devant faire un choix entre les deux disciplines pour des raisons d’emploi du temps, il opte pour le trampoline. Il confie : “le trampoline demandait moins d’heures d’entraînement et je faisais déjà des compétitions nationales donc cela m’était plus facile d’atteindre un bon niveau qu’en gymnastique. Le trampoline est plus ludique, il y a plus d’acrobaties. Cela m’a plus intéressé que la force et la rigueur de la gymnastique, même si la rigueur est aussi nécessaire pour une discipline artistique comme le trampoline”. Quinze ans plus tard, il est champion du monde dans la catégorie des 17-21 ans.

Brendan Renault et Florestan Riou, les deux champions fraîchement médaillés • Crédit photo : CISAG

 

Un résultat qui implique de nombreuses heures de travail. Au CISAG, les plus aguerris s’entraînent cinq fois par semaine, soit l’équivalent de 12 heures. Un rythme qui nécessite une bonne organisation : “j’ai l’habitude d’avoir un rythme sportif très dense et de m’organiser en fonction de cela, de trouver des moments pour m’entraîner mais aussi pour voir mes amis et ma famille. C’est devenu mon mode de vie. Sans le trampoline je ne pense pas que je serais aussi fort au niveau professionnel et scolaire. Le trampoline m’a appris la rigueur, le fait que mon travail soit régulier me pousse à travailler toujours plus et à me dépasser. Le trampoline m’apporte une stabilité”, explique Brendan.

Les mondiaux, “toujours plus haut”

Les compétitions de haut niveau sont l’apogée d’une année rythmée par les entraînements, l’occasion de parvenir au sommet. Les championnats du monde de trampoline des moins de 21 ans se sont déroulés du 16 au 19 novembre dernier. Pour le CISAG, la compétition était déjà un succès avant même d’avoir commencé : cinq athlètes du club ont été sélectionnés en équipe de France. Toutefois, pour financer leur voyage en Bulgarie, une cagnotte de 2000 euros a dû être lancée. Mobiliser le public n’a pas été aisé mais l’aide des parents et la publication d’un article dans un média local ont permis de réunir la somme nécessaire. Un bon retour sur investissement puisque les athlètes oullinois ont réalisé de très bonnes performances.

Florestan Riou, athlète du CISAG lors des championnats du monde de Trampoline à Sofia en Bulgarie, du 16 au 19 novembre 2017 • Crédit photo : CISAG

 

L’entraîneur, Florent Dubost, donne son ressenti : “c’est un très bon bilan, plutôt exceptionnel. Les médailles françaises sur les championnats des moins de 21 ans sont assez rares et une médaille d’or l’est encore plus. Les plus petits se sont bien classés. Florestan Riou - catégorie 15-16 ans - est troisième alors qu’il espérait juste atteindre la finale (une finale correspondant au top 8). Lors des qualifications, il termine 7e . Son objectif est donc atteint mais il réalise un très bon mouvement lors de la finale, met la pression sur ses adversaires et remporte la médaille de bronze. Nous en sommes très heureux. C’est le même scénario pour Brendan Renault - catégorie 17-21 ans- qui se qualifie en 8e  position et passe premier lors de la finale grâce à un très bon mouvement. C’est une joie immense pour lui qui s’entraîne depuis plus de quinze ans”.

Florestan Riou, médaillé de Bronze et Brendan Renault médaillé d'or aux côtés de leur entraîneur Florent Dubost • Crédit photo : CISAG

 

Pourtant, le résultat n’était pas écrit d’avance. En raison de ses études, Brendan a dû changer de lieu d’entraînement et donc d’entraîneur en août 2017. Rencontrant quelques difficultés pour retrouver ses marques, il rate les qualifications pour les championnats du monde senior. Qualifié pour les mondiaux des moins de 21 ans, il se fixe comme objectif la finale : “lors de mon échauffement, ça ne s’est pas très bien passé, je n’arrivais pas à rebondir comme je le souhaitais et j’ai fait beaucoup d’erreurs. J’étais un peu stressé lors du premier passage devant le jury, parce qu’il y a trois ans, lors de mes derniers championnats du monde, j’avais raté la finale à cause de mon premier mouvement. Cette fois, j’ai fait quelques erreurs mais j’ai réussi à rester en exécution et au centre du trampoline puis je me suis libéré pour le deuxième mouvement qui est plus dur et j’ai assuré pour espérer entrer en finale”.

Brendan Renault en première place du podium lors des championnats du monde de Trampoline 2017 • Crédit photo : CISAG

 

Qualifié en 8e position, la pression redescend : “J’ai fait un très bon échauffement et, lors de mon passage, j’ai très bien rebondi., me rappelant tous les aspects techniques et ce que mes entraîneurs m’avaient dit pendant mes trois mois d’entraînement. J’ai surpris mes adversaires en réalisant un très bon score. Ils ont dû prendre des risques pour me dépasser, ce qui a provoqué beaucoup de chutes”, explique Brendan. Finalement, personne n’arrivera à détrôner Brendan qui devient champion du monde, faisant résonner la Marseillaise dans l’Arena de Sofia.

Un club performant

Un résultat exceptionnel mais le trampoline souffre d’un manque de médiatisation. Pour Brendan, “le trampoline est une discipline de connaisseurs. Il est difficile de comprendre les différences entre le premier et le huitième mondial. C’est plus une discipline de spectateurs que de fervents supporters. Il faut que la fédération mette les moyens pour que ce sport soit plus médiatisé”. Le club du CISAG organise des animations externes afin de faire découvrir le trampoline, comme des démonstrations lors de kermesses d’écoles.

Malgré ce manque de médiatisation, le club du CISAG connaît un certain succès et atteint le maximum de sa capacité au niveau du nombre d’adhérents. Parallèlement il développe d’autres activités comme celles de la petite enfance et du fitness, avec notamment de la gymnastique acrobatique. L’objectif étant de continuer à satisfaire ses adhérents. Les prochaines échéances sportives seront les sélections de février pour les championnats d’Europe junior et senior, où un nombre important d’athlètes du club participera. Brendan vient de passer dans la catégorie des seniors où le niveau est encore plus élevé, pour se qualifier dans l’équipe nationale. Mais Brendan reste confiant : “il nous est difficile de prévoir nos émotions et de savoir comment nous allons sauter lors d’une compétition mais je m’entraîne tous les jours pour cela, je travaille pour vivre les moments que j’ai vécus à Sofia et pour m’épanouir dans ce sport”. À terme, son objectif est de se qualifier pour les jeux olympiques de 2020 et de 2024. Tout en restant licencié au CISAG, son club formateur à qui il “doit bien ça”. De quoi laisser présager de belles années pour le trampoline oullinois…

• Cyrielle Thevenin

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