Brignais • Des échanges pour faire le bilan à mi-mandat

C’était en petit comité et en toute convivialité que le maire de Brignais, Paul Minssieux et ses élus, ont rencontré quelques habitants à l’école Jacques Cartier, ce lundi 27 novembre.

Réunion sur le bilan mi-mandat, lundi 27 novembre à l'école Jacques Cartier • Crédit photo : thiate.fr

 

De nombreuses communes organisent des réunions, en cette fin d’année, pour faire leur bilan à mi-mandat. La commune de Brignais s’est, elle aussi, prêtée au jeu. “Ce n’est pas obligatoire mais c’est un rendez-vous attendu par les habitants”, a précisé l’adjointe à la communication de Brignais, Laurence Beugras. Une rencontre, des échanges et des discussions plus qu’une réunion d’informations. C’est ce que souhaitait la municipalité. Tous les brignairots ont reçu par voie postale, le livret de bilan mi-mandat. Ne souhaitant pas faire, à nouveau, la synthèse des dernières années et parler de ce qui sera réalisé dans les années à venir - exposé dans le document -, l’équipe municipale a plutôt opté pour des réunions basée sur les échanges. Brignais organise ainsi trois rencontres pour écouter les remarques de ses administrés. “C’est intéressant de pouvoir avoir les retours des habitants. Ce bilan est un prétexte pour venir discuter avec nos concitoyens. Pouvoir s’exprimer est ce qui les intéresse, a expliqué le maire de la ville, Paul Minssieux. La première s’est tenue ce lundi 27 novembre à l’école Jacques Cartier.

Le maire a tout de même débuté la réunion en rappelant que la commune avait connu de grands changements financiers. La dotation de l’État a baissé de 801 500 euros par an entre 2010 et 2017. Elle représente aujourd’hui 63 millions d’euros contre 1,36 milliards en 2014 et 1,58 milliards en 2010. Brignais prend également en charge le FPIC (Fonds de Péréquation Communal et Intercommunal), à hauteur de 640 000 €, avec un remboursement de la CCVG de 50 % , ce qui permet à la Communauté de communes de la Vallée du Garon (CCVG) de verser une indemnité de compensation et une dotation de solidarité d’un montant total de 5 765 000 €, en hausse de 320 000 € par rapport à 2016. Enfin, avec la modification de la loi SRU de janvier 2013, le taux minimum de logements locatifs sociaux passe de 20 % à 25 %. Brignais, jusque-là bien positionné en termes de logements sociaux se voit désormais dans l’obligation de payer une amende de 61 000 euros par an car son taux s’élève à 21%. Au total, cela représente 1,5 million d’euros en moins, de revenu annuel. “Mais nous ne sommes pas allés les chercher dans vos poches. La commune a de bonnes bases, elle sait gérer et continuera à gérer”, a rassuré le maire qui sait que les choses ne s’arrangeront pas avec le temps.

Avec la loi promise par Emmanuel Macron, 70% des brignairots ne payeront plus la taxe d’habitation en 2020. La commune devra y faire face sachant que ses dépenses représentent 15 millions d’euros de fonctionnement et 3 millions d’investissement.

Un nouveau PLU pour protéger le cadre de vie

L’État impose de densifier davantage les centre-bourgs afin de conserver les espaces naturels qui les entourent. Pour la conseillère municipale à l’urbanisme, Laetitia Lageze, c’est une bonne chose mais “elle a peur d’avoir un centre trop minéral si la directive est suivie”. Ainsi, le nouveau Plan Local d’Urbanisme, arrêté à Brignais, permettra de contrôler la densité. Un certain nombre de règles ont été mises en place pour protéger le cadre de vie, notamment sur la hauteur des constructions. Les immeubles du centre-bourg sont limités à 11 mètres de haut et les constructions réalisées sur les zones d’activités devront respecter 13 mètres de hauteur. D’autres programmes immobiliers nécessaires, comme celui du quartier de la gare, pourront atteindre jusqu’à 18 mètres, soit six étages. La municipalité s’est aussi réjouie d’avoir une zone inondable et non-constructible le long du Garon qui représente un espace naturel indéniable. “Nous ferons tout pour que la ville garde son caractère et nous considérons que l’ensemble du territoire de Brignais est suffisant pour son développement futur”, a confié Paul Minssieux.

Un centre-bourg dynamisé

Le nouveau système de stationnement du centre-ville semble satisfaire les habitants. La municipalité en a profité pour annoncer l’ouverture de commerces. Une poissonnerie s’installera à la place du magasin “Les papilles de Saint Clair”, rue des rouliers, en février 2018. Un local actuellement vide, sur la place Gamboni, sera occupé par un traiteur rôtisseur. Les propriétaires du restaurant “L’Orangerie” situé dans le parc de lacroix-laval à Marcy-l’Étoile et qui vient d’être fermé, s’installeront également sur cette place pour proposer une cuisine semi-gastronomique.

Réunion sur le bilan mi-mandat, lundi 27 novembre 2017 à l'école Jacques Cartier • Crédit photo : thiate.fr

 

La circulation n’a pas manqué de faire parler d’elle. Comme pour les communes avoisinantes, l’augmentation du trafic routier est un problème pour Brignais qui subit les descentes de véhicules se rendant sur l’autoroute. Les élus ont expliqué regretter que le projet de déviation de la départementale ait été abandonné parce que la circulation est toujours présente. “C’est même de pire en pire”, s’est même offusqué un habitant, dans l’assemblée. La municipalité a rappelé également qu’elle mettait tout en oeuvre pour développer les modes doux sur la commune : “C’est une politique que nous développons car elle est attendue par la population”, a expliqué Paul Minssieux, en mentionnant notamment la voie douce reliant Chaponost à Millery, passant par Brignais, mise en place par l’intercommunalité. Le maire a également évoqué la navette municipale qui, à son grand regret, rencontre peu de succès auprès des brignairots. Pour un coût de 75 000 euros annuels, la navette ne rapporte que 2 500 euros et selon l’un des habitants présent, il s’agit seulement d’un pis-aller. Cette navette mise en place en novembre 2016 est un moyen de pallier les lignes des cars du Rhône, supprimés en heures creuses. La mairie a expliqué que des négociations étaient en cours avec le Sytral. Un retour est attendu pour le début de l’année 2018.

Focus sur le quartier Nord-Est

Lors de cette première réunion, les habitants ont interrogé les élus sur l’avenir de leur quartier. L’équipe municipale a évoqué son développement urbain qui s’est ensuite figé en 1985. Le quartier dispose également d’espaces en réserve d’urbanisation autour de la piscine. Le maire a annoncé “qu’il ne se passerait rien dans le quartier durant les dix prochaines années”. Le dernier grand projet du secteur était celui de la piscine intercommunale de l’AquaGaron. À l’époque, les riverains redoutaient la fréquentation et les éventuelles nuisances sonores mais finalement les retours sont bons. Aujourd’hui, la piscine est une belle réussite avec 200 000 visiteurs en une année d’exploitation. Un habitant s’est tout de même plaint des problèmes liés à la qualité de l’eau : “Au bout de dix minutes, ils nous font sortir car il y a trop de chlore. Et c’est récurrent. Les abonnés sont mécontents de payer pour être obligés de sortir au bout de dix minutes”, a-t-il dit. Un autre habitant a demandé s’il était possible de faire un tracé de passage piéton sur le plateau, près de la piscine. Une requête a visiblement déjà été faite auprès de la CCVG, puisque la conseillère communautaire, Solange Vendittelli, a expliqué que l’intercommunalité lui avait répondu que les usagers étaient censés connaître le code de la route. Pour argumenter sa demande, la conseillère avait mis en avant le fait que les enfants ne connaissaient pas le code de la route et qu’il serait préférable pour eux de créer un passage piéton. La conseillère de l’opposition, Sylvie Morgeaux, a regretté, quant à elle, que le parking de la piscine ne soit pas éclairé le soir.

Une habitante a évoqué le virage dangereux situé rue Mère Élise Rivet, près de la voie ferrée : “ le virage a été rétréci et ceux qui arrivent de Sacuny le coupent. C’est étonnant qu’il n’y ait pas eu encore d’accidents. Il faudrait faire un marquage au sol”, a-t-elle décrété. La municipalité a répondu que la demande de marquage avait déjà été faite par un riverain mais que ce n’était pas possible à cause de la piste cyclable. Si une bande médiane est tracée, les voitures seront obligées de se déporter et les vélos ne seront plus en sécurité, selon la conseillère déléguée à la CCVG Solange Vendittelli, également conseillère municipale déléguée à la voirie. La même personne a aussi mentionné que les cars se rendant à la piscine étaient obligés de se déporter vers la gauche, dans ce même virage et a évoqué l’existence d’une bande de terre conservée près de l’immeuble faisant l’angle qui, selon elle, pourrait être utilisée.

Une autre personne de l’assistance a demandé où en étaient les travaux de l’immeuble de la Compassion. En cours de réhabilitation depuis quelques mois, les travaux sont réalisés discrètement. Selon le maire, les riverains ne l’auraient peut-être pas remarqué, parce qu’il y a trois ans, l’immeuble avait fait grand bruit lorsque le problème de l’amiante avait éclaté.

Les brignairots se attendus nombreux aux prochaines réunions, lundi 4 décembre à 19h au Briscope et mardi 12 décembre à 20h30 à l’école Jean Moulin. Ils pourront à nouveau faire part de leurs remarques pour améliorer la vie de leur quartier.

• Céline Giraud

Plus d’informations sur le site internet de la mairie

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